En classe, nous avons brièvement abordé le
sujet du prix du pétrole, et nous avons fait le lien entre cet élément et la
crise économique actuelle. J’étais curieux de voir si ce même lien existait
dans d’autres cas également, par exemple lors des ralentissements économiques
du début des années 80, du début des années 90 et encore une fois du début des
années 2000...
Dans mes recherches, je suis tombé sur une
base de données Excel de la compagnie BP, nommée Statistical Review of World Energy. Elle comprend des données
historiques à propos de la production, de la consommation, du prix et des
réserves de plusieurs sources d’énergie : le pétrole, le gaz naturel, le
charbon, l’énergie nucléaire, l’hydroélectricité et quelques autres énergies
renouvelables. Voici le lien si vous êtes intéressés : http://www.bp.com/en/global/corporate/about-bp/energy-economics/statistical-review-of-world-energy-2013.html
(ensuite téléchargez la base de données Historical data workbook)
J’ai commencé avec un graphique démontrant
le prix du pétrole depuis 1965 (à noter que les données sont disponibles
jusqu’à 1861). Le prix est en dollars US par baril, et ce dollar est ramené à
la valeur de 2012 afin de diminuer les énormes variations. Voici ce que ça a
donné :
On voit très bien les ralentissements/récessions
économiques dont j’ai parlé récemment. Juste avant la crise du début des années
80, on observe une hausse faramineuse du prix du baril. Même chose pour le
début des années 90. Il est à noter que cette période économique difficile a
été moins éprouvante que celle de la décennie précédente. Coïncidence, les
variations du prix du pétrole sont moins élevées... Finalement, on observe un
peu la même chose au début des années 2000.
Ah et j’oubliais la crise financière de
2008, qui se poursuit encore aujourd’hui (le système ne s’est pas « encore »
remis). D’après moi, le prix élevé et grimpant du pétrole, comme on le voit
dans le graphique après 2009, ne contribue pas du tout à la progression du
système économique.
Selon ce graphique, le pétrole pourrait
donc représenter une des causes d’un ralentissement économique ou d’une
récession. Pourquoi? Chaque entreprise et chaque industrie ont besoin d’énergie
pour fonctionner (pour construire, transporter, faire tourner les machines,
etc.). Évidemment, si le prix de cette énergie monte, il reste moins d’argent
pour toutes les autres dépenses et le profit, si profit il y a. Les dépenses
seront donc moins fréquentes. Et moins il y a de dépenses, plus le système
économique, basé sur la consommation et la croissance, ralentit. C’est la même
chose pour chacun de nous : plus l’énergie (électricité, transport,
chauffage, etc.) coûte cher, moins il nous reste d’argent. Moins on a d’argent,
moins on va dépenser, et ainsi de suite.
Retournons aux données. Dans le graphique
suivant, j’ai ajouté la consommation de pétrole mondiale depuis 1965. Je crois
que c’est un bon indicateur du bon/mauvais fonctionnement de l’économie, pour
les raisons expliquées plus haut. Cette consommation est ici mesurée en
milliers de barils par jour, qu’on peut voir sur l’échelle secondaire à gauche.
Je ne sais pas si les graphiques vont être
assez clairs, mais au pire, ça doit être faisable de cliquer pour les agrandir.
Avec ce deuxième graphique, on voit bien
que la consommation de pétrole, indicateur de la croissance économique parce
que celle-ci se base sur l’énergie pour fonctionner, suit les crises
économiques. C’est surtout le cas pour la récession du début des années 80, où
le prix du pétrole, trop élevé tout d’un coup, repoussait la consommation.
Avant de terminer, je voulais préciser que
le prix du pétrole n’est évidemment pas la seule cause des variations du
système économique. Bien d’autres facteurs ont contribué aux ralentissements et
aux crises que j’ai mentionnées. Cependant, il reste un facteur à ne pas
négliger, puisque la croissance économique repose sur le besoin grandissant
d’énergie à faible coût, le pétrole étant la source par excellence.
Pour la suite de ces graphiques, il est
évident que la ligne bleue va monter de façon spectaculaire dans les années à
venir. Lorsque la demande du pétrole sera plus haute que l’offre (et de plus en
plus haute avec le temps), c’est là que les augmentations du prix du baril
seront en forte hausse. Pendant ce temps, la consommation (ligne rouge) diminuera
peu à peu, étant donné les ressources limitées. C’est le rythme de cette
descente qui sera déterminant. Serons-nous capables de trouver de nouvelles
technologies pour extraire plus efficacement le pétrole non conventionnel
(sables bitumineux, schistes, fond des océans, calottes glaciaires)? Yvon
va-t-il trouver d’autres sources d’énergie?
À suivre...
EDIT :
EDIT :
Comme Marie-Pier l'a mentionné, il serait intéressant d'ajouter la courbe des réserves de pétrole aux graphiques ci-haut. Alors les voici, au niveau mondial en milliards de barils, représentés par la ligne verte. Je n'ai pas pu ajouter de troisième échelle, j'ai seulement superposé une autre ligne par dessus mon graphique. Les données varient entre 683 (1980) et 1669 (2012) milliards de barils.
C'est dommage que la base de données n'inclut pas l'état des réserves avant 1980, il aurait été intéressant de voir le lien entre ces valeurs et les hausses soudaines du prix du pétrole. On peut quand même tenter d'analyser les années 80, 90 et 2000.



Wow! Super intéressant la base de données que t'as trouvé. Pis ça fait bin du sens tout ce que tu dit : il y a effectivement un lien étroit (et qui pique l'intérêt) entre la hausse/baisse du prix au baril, la consommation d'énergie et les différentes crises que t'as mentionnées. Je serais bien curieuse de remonter dans l'histoire de l'économie pour étudier la relation entre ces différentes variables et les crises économiques qu'on a connues. De plus, je suis certaine qu'on ferait d'autres liens piquant la curiosité si on ajoutait la courbe de découvertes d'huile/pétrole aux graphiques que tu nous montres. En tous cas, c'est super intéressant mais bin épeurant en même temps...
RépondreSupprimerYvon a pomal de pain sur la planche... :S
J'ai ajouté un troisième graphique, incluant les réserves connues de pétrole. :)
SupprimerC'est fou la corrélation entre les deux! Yvon va être pas mal dans marde bientôt!
RépondreSupprimerTu dois être complètement dans le champs: les économistes ont trouvé d'autres explications et ont sait que les économistes ont un regard très clair sur la réalité. :) Moi je dis que tout paraît bien trop compliqué, donc on devrait simplement arrêter de penser et commencer (ou plutôt rejoindre celui qui existe déjà) un culte pour Yvon. Comme ça, plus de stress ou d'angoisse. Il l'ont la bonne vie les économistes!
RépondreSupprimerPlus sérieusement, si la tendance se maintient, on peut s'attendre à ce que les périodes entre les crises économiques deviennent de plus en plus cours plus le temps avance. D'où l'importance de réduire notre dépendance sur le pétrole.
Ahh... ben tu m'as convaincu. Tout le monde se range derrière Yvon!
SupprimerTu dis que les périodes entre les crises économiques deviendraient de plus en plus courtes... je suis bien d'accord, mais je me demande bien si, au lieu, il n'y aurait pas une seule grande et longue récession ou le système se dégrade de plus en plus... à voir!
Wow, c'est intéressant de voir le lien étroit entre les dernières crise économiques et le prix du pétrole! J'avais jamais réaliser comment les deux sont reliés. J'ai aimé que tu as mentionné que plus le prix du pétrole monte, moins les gens ont de l'argent donc moins ils dépensent ce qui fait mal à l'économie. J'avais lu un peu sur ce sujet lorsque j'était encore au secondaire quand je croyais fermement qu'Yvon allais nous sauver.
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