Le CO2 c'est bon pour les plantes!

mercredi 12 février 2014

Ya dont ben des pick-up à Erst

Lorsque je me questionnais sur le prix du pétrole dans mon premier blogue, je me suis demandé jusqu’à quel point Hearst aurait de la difficulté à s’adapter aux hausses imminentes du prix du baril. En habitant dans une région relativement éloignée des grands centres, les coûts de transport pourraient augmenter de beaucoup bientôt, et Hearst au complet se plaindrait encore plus du prix de la nourriture à notre épicerie. Bien sûr, le Hearstien typique se plaindrait aussi de la température comme d’habitude (y fa frette, c’est quoi ça le réchauffement climatique?), mais surtout de la hausse du prix de l’essence pour son fameux pick-up, machine à statut social...

Tout d’un coup, je me suis demandé : combien de personnes en ville ont un pick-up? Peut-être un quart, ou un tiers? Est-ce que ça se rapprocherait d’un gros 50%? Comment le savoir? J’ai donc profité de la station d’essence où je travaille pour tenter une petite expérimentation. Vous allez dire que je n’ai rien à faire, et je suis d’accord, surtout un dimanche matin...

Pendant 2 quarts de travail, j’ai compté le nombre de pick-up qui venaient faire le plein à la station, tout en comptant les autres véhicules afin de mesurer une proportion. Ces autres véhicules incluent donc aussi les gros VUS, les gros Jeep et les mini-van, qui ont souvent assez soif à la pompe aussi. Je n’ai pas compté les motoneiges.

À noter : je n’ai pas séparé les véhicules au diesel (qui est rendu à 1,57$/litre(!) à une des stations à Hearst) de ceux qui fonctionnent à l’essence régulière. De plus, il n’y avait pas de grosse tempête de neige (les moments où ça ne vaut pas la peine de sortir avec une petite voiture) lorsque j’ai fait mes calculs, donc ils devraient être assez représentatifs de la vie de tous les jours dans la banlieue de la métropole d’Hallébourg, Hearst.

En plus de compter les véhicules des clients qui achetaient de l’essence, j’ai compté ceux qui venaient seulement acheter quelque chose à l’intérieur, surtout des cigarettes et de la loterie.


Voici ce que tout ça a donné :



Je ne sais même pas quoi dire à ce point là...


Ce qui me fait le plus réagir, c’est la deuxième partie, où j’ai compté les véhicules qui viennent à la station sans gazer. Je comprends que souvent, c’est dans le trajet de la personne... Mais partir de la maison en pick-up seulement pour venir acheter un 6/49 ou des cigarettes? En plus qu’à -20/-25, il a probablement fallu le partir un peu d’avance? Et près de 50% des «commissions» ici sont faites avec un pick-up?


Avec tout ça, j’aimerais ajouter que l’échantillon est petit, et qu’il serait évidemment plus valable si plusieurs jours étaient ajoutés.

Je voulais aussi mentionner qu’un pick-up, ça peut être très utile (lors d’un déménagement, pour aller à la dompe, transporter des meubles et des électroménagers, rouler dans 2 pieds de neige pas ramassés, trainer une remorque, etc). Ah et j’oubliais : c’est très utile pour aller au Tim pour «shower off» un nouveau marchepied chromé.

Comme on en a parlé en classe lors du dernier cours, il serait très intéressant que la ville (ou peu importe l’organisation) offre un service de location de pick-up pour ce genre de choses. Comme ça, ce n’est pas tout le monde qui aurait besoin d’en avoir un dans sa cour. Sauf pour montrer aux voisins que tu as «jacké» ton truck de 25 pieds.

Tout ça pour dire qu’une bonne partie de la population de notre région devra faire face à de gros défis personnels avec la hausse du prix de l’essence. À quel point est-ce que l’économie de Hearst sera touchée? Avec une partie de plus en plus grosse des budgets personnels dédiée à l’essence (encore plus pour les gros véhicules), dans quoi est-ce que la population coupera en premier?

Pour conclure, je crois sincèrement qu’il n’y a aucun problème, parce que l’innovation en ce qui a trait aux moteurs va compenser pour les problèmes d’essence. Ouf, merci aux économistes néo-classiques!



vendredi 7 février 2014

Le prix du pétrole, les réserves et la dette


Après avoir fait mon premier blogue, Marie-Pier a mentionné dans les commentaires qu’il serait intéressant de voir le lien entre les découvertes de pétrole et le prix de cette matière. Par contre, ma base de données ne m’offrait que le total des réserves, et non les découvertes. J’ai ajouté le graphique à ce blogue, mais je trouvais que ça ne donnait pas beaucoup d’information. Voici ce que ça donnait (le prix du pétrole est en bleu, et ce, pour tous les graphiques) :


Plus tard, j’ai réalisé que ce sont les découvertes de puits de pétrole que j’aurais dû mettre dans mon graphique. J’ai donc calculé la variation des réserves depuis 1980, où mes données commençaient. Alors voici donc, accompagnées du prix du baril de pétrole en $US, les variations annuelles du total des réserves mondiales prouvées d’or noir, en milliards de barils.

À noter : vu que les variations étaient trop grandes, et que les découvertes de réserves n’ont pas nécessairement un impact immédiat sur le prix du pétrole, j’ai décidé de faire une moyenne mobile sur 3 ans au lieu d’utiliser les variations annuelles prises individuellement.


Beaucoup plus significatif...

En général, on peut voir que les lignes sont inversées : quand l’une monte, l’autre descend. Cela est très logique : si le nombre de découvertes de pétrole augmente, le prix de la ressource diminuera. Idem pour l’inverse : si un petit nombre de réserves sont trouvées, le prix du baril augmentera. Ce graphique est un bon exemple du phénomène de l’offre et de la demande.

Voici quelques exemples de la relation entre les deux variables. Au milieu des années 80, le nombre de découvertes de puits de pétrole augmente de façon faramineuse. Une baisse du prix du baril s’ensuit. Par contre, immédiatement après la hausse des découvertes, on aperçoit une baisse flagrante des nouveaux puits. Le prix du baril? Il augmente. Bang, la récession du début des années 90. Baisse du nombre de découvertes dans la première moitié des années 2000? Augmentation du prix du baril pendant cette période. Et ainsi de suite.

Bien sûr, une multitude d’autres facteurs contribuent aux changements dans le prix du pétrole : les conflits dans le Moyen-Orient, les taux de consommation, les conditions climatiques, les taux de change, etc.

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La lecture du blogue Our Finite World m’a fait découvrir plusieurs liens entre le système économique et l’énergie. J’avais déjà vu des diagrammes semblables (dettes + capital mène à x + x, qui mène à x...), mais jamais avec l’énergie. Maintenant, ça fait beaucoup plus de sens dans ma tête!

Lorsqu’il y a une crise économique ou une récession, l’État déverse parfois de l’argent dans le système (investissement, donc dette) pour le relancer. Ces investissements sont souvent sous forme d’infrastructures et de bâtiments : on n’a qu’à penser, dans le cas de Hearst, au nouveau club de curling et à la Scierie patrimoniale, dont la construction a été possible grâce aux subventions gouvernementales soudaines lors du ralentissement économique de 2008. Mais tout ça ne sert absolument à rien si les entreprises et les gens comme sont pour s’endetter quand même à cause du prix élevé de l’énergie...

Revenons à la dette publique... on sait que le gouvernement doit évidemment débourser une grande partie de son budget pour l’énergie. Si le coût du baril de pétrole montait, la logique qui s’ensuivrait serait une dette gouvernementale plus élevée. Voyons voir ce que ça donne dans un graphique, vu que, comme vous l’avez deviné, j’aime bien ça des graphiques. Voici alors le rapport entre le prix du pétrole et la dette des États-Unis, en millions de dollars (je n’ai pas trouvé les chiffres mondiaux pour la dette, donc j’ai choisi d’utiliser le centre du monde, les États-Unis). Mes données viennent du site suivant : http://www.whitehouse.gov/omb/budget/historicals


Disons qu’une dette de 16 trillions, ce n’est quand même pas de l’argent de poche...

Encore une fois, pour mieux voir la relation entre les deux variables, j’ai calculé la variation annuelle d’une des variables de l’axe Y, ici la dette américaine.


Tiens, pourquoi pas d’autres moyennes mobiles de 3 ans pour diminuer les grandes variations.


On dirait que les courbes sont presque identiques... Il semble qu’après les crises économiques, les dettes s’accumulent de façon hallucinante (le gouvernement injecte de l’argent dans le système pour le faire rouler à nouveau). Encore plus intrigant : plus on recule dans le passé, plus les courbes sont décalées. À l’inverse, plus on avance, plus la dette gouvernementale est collée au prix du pétrole, qu’il monte ou descende.

Donc pourquoi le prix du baril de pétrole est-il en lien avec la dette d’un gouvernement? Si l’énergie coûte cher, tout coûte cher : le transport, la fabrication d’infrastructures, les dépenses industrielles, les biens et service, etc. Le gouvernement, les consommateurs et les entreprises ont donc moins d’argent pour les salaires, les factures mensuelles, les achats de luxe, les taxes, les intérêts sur les emprunts, etc. Le gouvernement, en recevant moins de taxes (sur les achats et les revenus des entreprises et des consommateurs), voit donc sa dette s’accroitre. Et ainsi de suite.

Que pensez-vous de tout ça?