Après avoir fait mon premier blogue, Marie-Pier a mentionné dans les
commentaires qu’il serait intéressant de voir le lien entre les découvertes de
pétrole et le prix de cette matière. Par contre, ma base de données ne
m’offrait que le total des réserves, et non les découvertes. J’ai ajouté le
graphique à ce blogue, mais je trouvais que ça ne donnait pas beaucoup d’information.
Voici ce que ça donnait (le prix du pétrole est en bleu, et ce, pour tous
les graphiques) :
Plus tard, j’ai réalisé que ce sont les découvertes de puits de
pétrole que j’aurais dû mettre dans mon graphique. J’ai donc calculé la
variation des réserves depuis 1980, où mes données commençaient. Alors voici
donc, accompagnées du prix du baril de pétrole en $US, les variations annuelles
du total des réserves mondiales prouvées d’or noir, en milliards de barils.
À noter : vu que les variations étaient trop grandes, et que
les découvertes de réserves n’ont pas nécessairement un impact immédiat sur le
prix du pétrole, j’ai décidé de faire une moyenne mobile sur 3 ans au lieu
d’utiliser les variations annuelles prises individuellement.
Beaucoup plus significatif...
En général, on peut voir que les lignes sont inversées : quand
l’une monte, l’autre descend. Cela est très logique : si le nombre de
découvertes de pétrole augmente, le prix de la ressource diminuera. Idem pour
l’inverse : si un petit nombre de réserves sont trouvées, le prix du baril
augmentera. Ce graphique est un bon exemple du phénomène de l’offre et de la
demande.
Voici quelques exemples de la relation entre les deux variables. Au
milieu des années 80, le nombre de découvertes de puits de pétrole augmente de
façon faramineuse. Une baisse du prix du baril s’ensuit. Par contre,
immédiatement après la hausse des découvertes, on aperçoit une baisse flagrante
des nouveaux puits. Le prix du baril? Il augmente. Bang, la récession du début
des années 90. Baisse du nombre de découvertes dans la première moitié des
années 2000? Augmentation du prix du baril pendant cette période. Et ainsi de
suite.
Bien sûr, une multitude d’autres facteurs contribuent aux changements
dans le prix du pétrole : les conflits dans le Moyen-Orient, les taux de
consommation, les conditions climatiques, les taux de change, etc.
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La lecture du blogue Our
Finite World m’a fait découvrir plusieurs liens entre le système économique
et l’énergie. J’avais déjà vu des diagrammes semblables (dettes + capital mène
à x + x, qui mène à x...), mais jamais avec l’énergie. Maintenant, ça fait
beaucoup plus de sens dans ma tête!
Lorsqu’il y a une crise économique ou une récession, l’État déverse
parfois de l’argent dans le système (investissement, donc dette) pour le
relancer. Ces investissements sont souvent sous forme d’infrastructures et
de bâtiments : on n’a qu’à penser, dans le cas de Hearst, au nouveau club de
curling et à la Scierie patrimoniale, dont la construction a été possible grâce
aux subventions gouvernementales soudaines lors du ralentissement économique de
2008. Mais tout ça ne sert absolument à rien si les entreprises et les gens
comme sont pour s’endetter quand même à cause du prix élevé de l’énergie...
Revenons à la dette publique... on sait que le gouvernement doit
évidemment débourser une grande partie de son budget pour l’énergie. Si le coût
du baril de pétrole montait, la logique qui s’ensuivrait serait une dette
gouvernementale plus élevée. Voyons voir ce que ça donne dans un graphique, vu
que, comme vous l’avez deviné, j’aime bien ça des graphiques. Voici alors le
rapport entre le prix du pétrole et la dette des États-Unis, en millions de
dollars (je n’ai pas trouvé les chiffres mondiaux pour la dette, donc j’ai
choisi d’utiliser le centre du monde, les États-Unis). Mes données viennent du
site suivant : http://www.whitehouse.gov/omb/budget/historicals
Disons qu’une dette de 16 trillions, ce n’est
quand même pas de l’argent de poche...
Encore une fois, pour mieux voir la
relation entre les deux variables, j’ai calculé la variation annuelle d’une des
variables de l’axe Y, ici la dette américaine.
Tiens, pourquoi pas d’autres moyennes mobiles de 3 ans pour diminuer
les grandes variations.
On dirait que les courbes sont presque identiques... Il semble
qu’après les crises économiques, les dettes s’accumulent de façon hallucinante
(le gouvernement injecte de l’argent dans le système pour le faire rouler à
nouveau). Encore plus intrigant : plus on recule dans le passé, plus les
courbes sont décalées. À l’inverse, plus on avance, plus la dette
gouvernementale est collée au prix du pétrole, qu’il monte ou descende.
Donc pourquoi le prix du baril de pétrole est-il en lien avec la
dette d’un gouvernement? Si l’énergie coûte cher, tout coûte cher : le
transport, la fabrication d’infrastructures, les dépenses industrielles, les
biens et service, etc. Le gouvernement, les consommateurs et les entreprises
ont donc moins d’argent pour les salaires, les factures mensuelles, les achats
de luxe, les taxes, les intérêts sur les emprunts, etc. Le gouvernement, en
recevant moins de taxes (sur les achats et les revenus des entreprises et des
consommateurs), voit donc sa dette s’accroitre. Et ainsi de suite.
Que pensez-vous de tout ça?





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