Lorsque je me questionnais sur le prix du pétrole dans mon premier
blogue, je me suis demandé jusqu’à quel point Hearst aurait de la difficulté à
s’adapter aux hausses imminentes du prix du baril. En habitant dans une région
relativement éloignée des grands centres, les coûts de transport pourraient
augmenter de beaucoup bientôt, et Hearst au complet se plaindrait encore plus
du prix de la nourriture à notre épicerie. Bien sûr, le Hearstien typique se
plaindrait aussi de la température comme d’habitude (y fa frette, c’est quoi ça
le réchauffement climatique?), mais surtout de la hausse du prix de l’essence
pour son fameux pick-up, machine à statut social...
Tout d’un coup, je me suis demandé : combien de personnes en
ville ont un pick-up? Peut-être un quart, ou un tiers? Est-ce que ça se
rapprocherait d’un gros 50%? Comment le savoir? J’ai donc profité de la station
d’essence où je travaille pour tenter une petite expérimentation. Vous allez
dire que je n’ai rien à faire, et je suis d’accord, surtout un dimanche
matin...
Pendant 2 quarts de travail, j’ai compté le nombre de pick-up qui
venaient faire le plein à la station, tout en comptant les autres véhicules
afin de mesurer une proportion. Ces autres véhicules incluent donc aussi les
gros VUS, les gros Jeep et les mini-van, qui ont souvent assez soif à la pompe
aussi. Je n’ai pas compté les motoneiges.
À noter : je n’ai pas séparé les véhicules au diesel (qui est
rendu à 1,57$/litre(!) à une des stations à Hearst) de ceux qui fonctionnent à
l’essence régulière. De plus, il n’y avait pas de grosse tempête de neige (les
moments où ça ne vaut pas la peine de sortir avec une petite voiture) lorsque
j’ai fait mes calculs, donc ils devraient être assez représentatifs de la vie
de tous les jours dans la banlieue de la métropole d’Hallébourg, Hearst.
En plus de compter les véhicules des clients qui achetaient de
l’essence, j’ai compté ceux qui venaient seulement acheter quelque chose à l’intérieur,
surtout des cigarettes et de la loterie.
Voici ce que tout ça a donné :
Je ne sais même pas quoi dire à ce point
là...
Ce qui me fait le plus réagir, c’est la deuxième partie, où j’ai
compté les véhicules qui viennent à la station sans gazer. Je comprends que
souvent, c’est dans le trajet de la personne... Mais partir de la maison en
pick-up seulement pour venir acheter un 6/49 ou des cigarettes? En plus qu’à
-20/-25, il a probablement fallu le partir un peu d’avance? Et près de 50% des «commissions»
ici sont faites avec un pick-up?
Avec tout ça, j’aimerais ajouter que l’échantillon est petit, et
qu’il serait évidemment plus valable si plusieurs jours étaient ajoutés.
Je voulais aussi mentionner qu’un pick-up, ça peut être très
utile (lors d’un déménagement, pour aller à la dompe, transporter des
meubles et des électroménagers, rouler dans 2 pieds de neige pas ramassés,
trainer une remorque, etc). Ah et j’oubliais : c’est très utile pour aller
au Tim pour «shower off» un nouveau marchepied chromé.
Comme on en a parlé en classe lors du dernier cours, il serait très
intéressant que la ville (ou peu importe l’organisation) offre un service de
location de pick-up pour ce genre de choses. Comme ça, ce n’est pas tout le
monde qui aurait besoin d’en avoir un dans sa cour. Sauf pour montrer aux
voisins que tu as «jacké» ton truck de 25 pieds.
Tout ça pour dire qu’une bonne partie de la population de notre
région devra faire face à de gros défis personnels avec la hausse du prix de
l’essence. À quel point est-ce que l’économie de Hearst sera touchée? Avec une partie
de plus en plus grosse des budgets personnels dédiée à l’essence (encore plus
pour les gros véhicules), dans quoi est-ce que la population coupera en
premier?
Pour conclure, je crois sincèrement qu’il n’y a aucun problème,
parce que l’innovation en ce qui a trait aux moteurs va compenser pour les
problèmes d’essence. Ouf, merci aux économistes néo-classiques!




HAHAHA! J'adore que t'as utilisé du temps de la job pour nous donner ces stats :P
RépondreSupprimerC'est vraiment intéressant, pis comme t'as dit ça serait cool faire une «étude» complète. Je suis d'accord avec toi que les gens vont commencé à chialler de l'essence (ça va faire différent de la température, merci bon Dieu) s'ils ont tous des «pick-up» pour aller au Tim. Cependant, je crois que dans le tiers, même la moitier, des cas un «pick-up» est nécessaire. Entres autres beaucoup de gens vivent dans des régions plus éloigné, nous avons quand même un montant considérable de neige pendant nos hivers (j'ai besoin d'un père avec un truc pour me déprendre quand je prend le bois), plusieurs personnes ont un chalet, aller au dépotoir, faire les activités qu'on aime comme la chasse/pêche/camping/ski-doo, ramener toute les choses qu'on achète lorsqu'on va shopper à Ottawa :P.
Sérieusement, on a presque toujours eu un «pick-up» cher nous. Ya quelques années qu'on n'en avait pas, pis c'était tough pour se débrouiller à faire les multiples choses que j'ai énumérées avant. Mon père ne peut pas se passer d'un «pick-up», pis j'suis certaine que c'est la majorité des cas à Hearst.
Dans une étude plus complète, il faudrait questionner les gens à savoir ce à quoi sert leur «pick-up».
Tu as raison, la plupart utilisent leur pickup pour faire ce genre de choses. Et oui, ça peut dépanner et aider beaucoup. Mais une grande partie de ces choses peuvent être faites avec un véhicule légèrement plus petit et moins gourmand. Une remorque, ça peut aussi être très utile et louable (ou empruntable).
SupprimerUn gros camion, ça peut être idéal, voire indispensable d'après plusieurs pour faire toutes ces choses. Cependant, lorsqu'il ne sera plus abordable d'en posséder un, les gens vont trouver d'autres façons de les faire. Dans un monde ou les budgets sont plus serrés, avoir un pickup dans sa cour ne sera plus indispensable et les priorités seront mises ailleurs (du moins, je l'espère). Malheureusement pour plusieurs, certaines activités ou loisirs devront prendre le bord, ce qui est dommage.